La tempête


LA TEMPÊTE  de W. Shakespeare

 

Divine Tragédie, 3ème volet

Mise en scène : Mehdi Benabdelouhab
Assistante: Laurence Landra
Régie son et lumière : Gabriel Bosc
Effets de lumière et optiques : Olivier Vallet. Compagnie Les Rémouleurs. Montreuil

Costumes : Sonia Sivel et Wanda Wellard

Masques : Guillermo Fernandez et Brina Babini  

Musiques : Pierre Bernon

 

Avec : Jean Bard, Mehdi Benabdelouhab, Valeria Emanuele, Luca Gentil/Nicolas Dermigny, Izumi Grisinger, Facundo Melillo, Gregory Nardella, musicien Pierre Bernon

 

 

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La Région Languedoc-Roussillon, , DRAC, ADAMI, CG34, Métropole, SPEDIDAM, CG34. La ville de Montpellier

Accueil en résidence

La Friche de MIMI (34), Le théâtre L’Alpilium et la ville de Saint Rémy de Provence (13), Théâtre Samuel Bassaget de la ville de Mauguio (34), Le théâtre de la Vista (34), Théâtre du Domaine d’O (34), Collège François Mitterand de Clapiers (34), Théâtre de la Rampe (34).
La compagnie a bénéficié d’une résidence de création au domaine d’O, Domaine départemental d’art et de culture.

Premières représentations
• Théâtre La Vista du 17 AU 20 mars 2016 (8 représentations)

• Théâtre de Saint Rémy de Provence 21 avril 2016
• Lançon de Provence 4 juillet 2016
• Théâtre du Chêne Noir 16 octobre 2016
• Théâtre Samuel Bassaget à Mauguio 22 avril 2017
• Off Festival d’Avignon au Théâtre collège de la salle du 7 au 30 Juillet 2017

 

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Dépossédé du duché de Milan, Prospero a trouvé refuge avec sa fille Miranda sur une île inconnue : là, régnant en maître sur le « sauvage » Caliban, il a appris l’art de la magie et libéré Ariel, un esprit de l’air.

Un jour, il déclenche une tempête qui fait s’échouer le navire transportant ses puissants ennemis : Antonio l’usurpateur, son propre frère, Alonso, leroi de Naples, qui l’a trahi, accompagné de son frère Sébastien et de son fils Ferdinand, Gonzalo l’ancien conseiller loyal de Prospero et tout leur équipage. Les rescapés se retrouvent en divers points de l’île, saufs mais séparés, ignorants du sort des autres.

La vengeance de Prospero est en place : tourmentés, les naufragés deviennent des marionnettes aux mains du cruel magicien. Sur cette île (dés) enchantée où les mauvais esprits croisent les bons génies, la tragédie du monde se rejoue : chacun, le temps d’un orage, sera confronté à lui-même…

 

TdBois Temp+¬te La Vista06Note

Après Volpone de Ben Jonson (2008), qui sondait la cupidité des hommes, puis La Mégère apprivoisée de Shakespeare (2011), comédie des sentiments et de l’amour, c’est avec La Tempête du même auteur que la Compagnie Les Têtes de Bois boucle sa trilogie élisabéthaine Divine Tragedia.

Sous ses dehors féeriques, La Tempête est une comédie amère qui sonde la mécanique du pouvoir : fidèle à lui-même, Shakespeare nous offre une pièce où la vérité des hommes se lit à travers un prisme déformant, dans un subtil jeu de contradictions entre bestialité et innocence, cruauté et naïveté, vérité et trahison.

La Tempête est construite autour du personnage de Prospero : protagoniste de l’histoire, cet homme dépossédé de ses biens et abandonné sur l’île, assoiffé de vengeance, est en même temps le metteur en scène des événements. L’île, c’est son théâtre, dont il manipule les éléments à la manière d’un marionnettiste. Alors que l’orage gronde au dehors, chacun devra y essuyer sa propre tempête, confronté à ses failles et à ses contradictions.

Car moins qu’à sa propre vengeance, c’est au spectacle du monde auquel Prospero nous convie. Véritable « théâtre des événements », l’île est un monde en réduction où se rejoue sans cesse le spectacle des passions humaines, la soif de puissance, de vengeance, ou simplement de liberté. A peine rescapés sur une île qu’ils croient déserte, vierge de toute trace de « civilisation », les hommes ne font rien de plus que reproduire le monde qu’ils connaissent, et rejouer les instincts qui les dévorent : Antonio, qui a usurpé la place de son frère, ne tarde pas à convaincre Sébastien d’assassiner le sien en profitant de sa faiblesse (Alonzo croit alors son fils disparu)…

 

« Pour eux, l’île est une épreuve »

Seuls Miranda et Ferdinand semblent échapper au sortilège, épargnés par leur jeunesse, leur innocence, leur « naïveté » : de terre de supplices, l’île se mue pour eux en jardin d’Eden, hors du temps et de cette histoire. Comme un contrepoint à la fureur du monde, Miranda incarne cet être « pur », non encore dénaturé. Sa rencontre finale avec les autres personnages est cocasse : elle qui n’a comme image de l’humanité que son père, s’extasie de faire connaissance avec ce « splendide nouveau monde », alors qu’elle est face à un usurpateur, un traître à son serment et un assassin en puissance. La réponse de Prospero est cinglante : « Il est nouveau pour toi ».

L’innocence de Miranda est à rapprocher du personnage de Caliban, figure du « sauvage » qui a une résonance particulière à l’époque où écrit Shakespeare : la découverte des nouveaux mondes a déjà engendré un profond débat sur la nature de ce nouvel « homme », cet autre « sauvage » parce que différent. Pourtant, Caliban est le double de Prospero : réduit en esclavage par ce dernier, il a, comme lui, été dépossédé de ses biens, son île. Sous ses dehors bestiaux, associé à la figure du diable, il incarne « l’homme originel », dans toute son innocence : tout au long de la pièce, sa seule volonté est de recouvrer sa liberté.L’opposition entre Prospero et Caliban pose la question ce que l’homme a fait de son humanité : si Caliban a appris de l’homme son langage, il n’en a été que plus asservi. Si sa conduite est jugée honteuse, c’est à l’aune de la morale que lui a transmise Prospero : lui n’a jamais souhaité avoir une conscience.

S’il est maître du jeu, Prospero est aussi une pièce dans le jeu : cruel, esclavagiste, à aucun moment il ne se remet en question. Là est la limite de sa magie : si la science lui permet de maîtriser les éléments, elle n’a pas de prise sur la conduite des autres, ni sur la sienne. Prospero ne peut que « réparer » les dégâts, avant de briser sa baguette et de retourner, privé de ses pouvoirs, dans le monde. Son désir de vengeance a-t-il seulement été réel ? Et si, magnanime, il finit par pardonner ses ennemis, fait-il lui-même amende honorable auprès de Caliban ?
L’histoire se répète inlassablement, sur l’île comme ailleurs. Certes, les captifs finissent par retrouver la liberté, l’homme retourne à la civilisation et l’île à son état originel. La boucle semble se refermer, comme si rien n’était arrivé. La magie a rappelé à l’ordre les fauteurs de trouble et rétabli chacun dans ses fonctions : mais elle n’a fait que rétablir l’ordre ancien. Le monde redevient le même qu’avant la tempête. Les passions, modérées, ne sont pas éteintes. Le mal n’a été qu’ajourné.

On décèle un humanisme amer dans cette pièce, où la conscience qu’a l’homme de sa capacité grandissante à maîtriser son destin se heurte à son incapacité de pouvoir changer le cours des choses. Sous son voile féerique, La Tempête jette une lumière crue sur un monde incapable de refréner la folie des hommes, les luttes pour le pouvoir, les âpres convoitises. Cette étrange comédie, la dernière écrite par Shakespeare, semble alors résonner des accents tragiques d’Hamlet, d’Othello, de Macbeth, de Richard III…

Quoi de plus inquiétant que cette comédie, ce « théâtre du monde » qui semble finir bien ?

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